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Mathématiques · Terminale · Suites

Suites — récurrence, variations, limites

Quatre exercices type : sommes classiques, récurrences variées (inégalité, divisibilité, dérivées), étude complète d'une suite récurrente et suite auxiliaire géométrique.

4 exercices corrigés

Exercice 1 — Sommes classiques par récurrence

On veut établir des formules valables pour tout entier nn. C'est le terrain naturel du raisonnement par récurrence, qui fonctionne comme une rangée de dominos : on fait tomber le premier (initialisation), et on montre que chaque domino fait tomber le suivant (hérédité). Alors tous tombent.
  1. Démontrer que pour tout entier n⩾0n\geqslant 0 : ∑k=0nk=n(n+1)2\displaystyle\sum_{k=0}^{n} k = \dfrac{n(n+1)}{2}.
  2. Démontrer que pour tout entier n⩾1n\geqslant 1 : ∑k=1nk2=n(n+1)(2n+1)6\displaystyle\sum_{k=1}^{n} k^2 = \dfrac{n(n+1)(2n+1)}{6}.
  3. On s'intéresse à la somme des cubes.
    1. Démontrer que pour tout entier n⩾1n\geqslant 1 : ∑k=1nk3=n2(n+1)24\displaystyle\sum_{k=1}^{n} k^3 = \dfrac{n^2(n+1)^2}{4}.
    2. En déduire, sans nouvelle récurrence, l'identité remarquable ∑k=1nk3=(∑k=1nk)2\displaystyle\sum_{k=1}^{n} k^3 = \left(\sum_{k=1}^{n} k\right)^2.
Voir la correction

1. Notons P(n)P(n) la propriété à démontrer. Faisons tomber le premier domino. Initialisation : pour n=0n=0, la somme se réduit à son unique terme k=0k=0, donc elle vaut 00 ; et la formule donne 0×12=0\dfrac{0\times1}{2}=0. Les deux coïncident : P(0)P(0) est vraie.

Montrons maintenant que chaque domino pousse le suivant. Hérédité : supposons P(n)P(n) vraie à un rang nn fixé (c'est l'hypothèse de récurrence) et prouvons P(n+1)P(n+1). L'idée décisive : la somme jusqu'à n+1n+1 n'est rien d'autre que la somme jusqu'à nn plus le dernier terme — ce découpage fait apparaître l'hypothèse. On écrit donc ∑k=0n+1k=∑k=0nk⏟= n(n+1)2+(n+1)=n(n+1)2+(n+1)\displaystyle\sum_{k=0}^{n+1}k=\underbrace{\sum_{k=0}^{n}k}_{=\,\frac{n(n+1)}{2}}+(n+1)=\dfrac{n(n+1)}{2}+(n+1).

Il reste à retrouver la forme voulue. On met (n+1)(n+1) en facteur : n(n+1)2+(n+1)=(n+1)(n2+1)=(n+1)⋅n+22=(n+1)(n+2)2\dfrac{n(n+1)}{2}+(n+1)=(n+1)\left(\dfrac{n}{2}+1\right)=(n+1)\cdot\dfrac{n+2}{2}=\dfrac{(n+1)(n+2)}{2}. C'est exactement la formule au rang n+1n+1 (on a remplacé nn par n+1n+1) : P(n+1)P(n+1) est vraie. Conclusion : par récurrence, la formule est vraie pour tout n⩾0n\geqslant0.

2. Même stratégie. Initialisation (n=1n=1) : la somme vaut 12=11^2=1, et 1×2×36=1\dfrac{1\times2\times3}{6}=1. Vrai. Hérédité : on isole le dernier terme, ∑k=1n+1k2=n(n+1)(2n+1)6+(n+1)2\displaystyle\sum_{k=1}^{n+1}k^2=\dfrac{n(n+1)(2n+1)}{6}+(n+1)^2. On factorise par n+16\dfrac{n+1}{6} (le facteur commun le plus simple) : =n+16[n(2n+1)+6(n+1)]=n+16(2n2+7n+6)=\dfrac{n+1}{6}\big[n(2n+1)+6(n+1)\big]=\dfrac{n+1}{6}\big(2n^2+7n+6\big). Reste à reconnaître que 2n2+7n+6=(n+2)(2n+3)2n^2+7n+6=(n+2)(2n+3), d'où (n+1)(n+2)(2n+3)6\dfrac{(n+1)(n+2)(2n+3)}{6} : c'est bien P(n+1)P(n+1).

3. a. Encore le même squelette. Initialisation (n=1n=1) : 13=11^3=1 et 12×224=1\dfrac{1^2\times2^2}{4}=1. Vrai. Hérédité : ∑k=1n+1k3=n2(n+1)24+(n+1)3\displaystyle\sum_{k=1}^{n+1}k^3=\dfrac{n^2(n+1)^2}{4}+(n+1)^3. On factorise cette fois par (n+1)24\dfrac{(n+1)^2}{4} : =(n+1)24[n2+4(n+1)]=(n+1)24(n+2)2=\dfrac{(n+1)^2}{4}\big[n^2+4(n+1)\big]=\dfrac{(n+1)^2}{4}(n+2)^2 (car n2+4n+4=(n+2)2n^2+4n+4=(n+2)^2). C'est P(n+1)P(n+1).

3. b. Ici, pas besoin de récurrence : on réutilise la question 1. On y a vu que ∑k=1nk=n(n+1)2\displaystyle\sum_{k=1}^{n}k=\dfrac{n(n+1)}{2}. Élevons cette égalité au carré : (∑k=1nk)2=n2(n+1)24\left(\displaystyle\sum_{k=1}^{n}k\right)^2=\dfrac{n^2(n+1)^2}{4}. Or ce membre de droite est exactement la formule de ∑k3\sum k^3 démontrée en 3.a. Les deux quantités étant égales à la même chose, elles sont égales entre elles : ∑k=1nk3=(∑k=1nk)2\displaystyle\sum_{k=1}^{n}k^3=\left(\sum_{k=1}^{n}k\right)^2.

Le réflexe à retenir

Toute récurrence suit le même squelette : initialisation (le premier domino), hérédité (chaque domino pousse le suivant), conclusion. Pour l'hérédité d'une somme, le geste réflexe est toujours le même : isoler le dernier terme pour faire réapparaître la somme précédente, puis factoriser. Et avant de lancer une récurrence, demande-toi si un résultat déjà démontré ne permet pas de conclure directement (comme en 3.b).

Exercice 2 — Récurrence : inégalité, divisibilité, dérivées

La récurrence ne sert pas qu'aux sommes : elle démontre aussi des inégalités, des propriétés de divisibilité ou des formules de dérivées successives. À chaque fois, tout se joue dans l'hérédité : comment faire apparaître l'hypothèse de récurrence dans l'expression au rang n+1n+1.
  1. Inégalité de Bernoulli. Soit aa un réel positif. Démontrer que pour tout entier n⩾0n\geqslant 0 : (1+a)n⩾1+na(1+a)^n \geqslant 1+na.
  2. Divisibilité.
    1. Démontrer que pour tout entier n⩾0n\geqslant 0, 10n−110^n-1 est un multiple de 99.
    2. On considère les propriétés (A) « 4n−14^n-1 est divisible par 33 » et (B) « 4n+14^n+1 est divisible par 33 ». Montrer que (A) est vraie pour tout nn, que (B) admet une hérédité valide mais est pourtant fausse, et conclure sur le rôle de l'initialisation.
  3. Dérivées successives. Soit ff définie sur ]−∞;1[]-\infty;1[ par f(x)=11−xf(x)=\dfrac{1}{1-x}. Démontrer que pour tout entier n⩾1n\geqslant 1 : f(n)(x)=n!(1−x)n+1f^{(n)}(x)=\dfrac{n!}{(1-x)^{n+1}}.
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1. Initialisation (n=0n=0) : (1+a)0=1(1+a)^0=1 et 1+0×a=11+0\times a=1, donc 1⩾11\geqslant1. Vrai. Hérédité : on part de l'hypothèse (1+a)n⩾1+na(1+a)^n\geqslant1+na. Comment atteindre le rang n+1n+1 ? En **multipliant par (1+a)(1+a)* — et c'est licite sans changer le sens de l'inégalité* car a⩾0a\geqslant0 donc 1+a>01+a>0. On obtient (1+a)n+1⩾(1+na)(1+a)(1+a)^{n+1}\geqslant(1+na)(1+a).

Développons le membre de droite pour comparer : (1+na)(1+a)=1+(n+1)a+na2(1+na)(1+a)=1+(n+1)a+na^2. Apparaît un terme na2na^2 dont on n'a pas besoin — mais comme na2⩾0na^2\geqslant0, le négliger ne peut que renforcer l'inégalité : (1+a)n+1⩾1+(n+1)a(1+a)^{n+1}\geqslant1+(n+1)a. C'est P(n+1)P(n+1). Conclusion : l'inégalité est vraie pour tout n⩾0n\geqslant0.

2. a. « Multiple de 99 » signifie qu'il existe un entier kk avec 10n−1=9k10^n-1=9k — on garde cette écriture en tête, c'est elle qu'on veut retrouver au rang suivant. Initialisation (n=0n=0) : 100−1=0=9×010^0-1=0=9\times0. Vrai. Hérédité : l'astuce est de faire apparaître 10n10^n : 10n+1−1=10×10n−1=10(10n−1)+910^{n+1}-1=10\times10^n-1=10(10^n-1)+9 (on a ajouté puis retranché 99). En remplaçant par l'hypothèse : =10×9k+9=9(10k+1)=10\times9k+9=9(10k+1). Comme 10k+110k+1 est entier, 10n+1−110^{n+1}-1 est bien multiple de 99.

2. b. Traitons (A) : 40−1=04^0-1=0 est divisible par 33 ; et si 4n−1=3k4^n-1=3k, alors 4n+1−1=4(4n−1)+3=3(4k+1)4^{n+1}-1=4(4^n-1)+3=3(4k+1) — initialisation ET hérédité, donc (A) est vraie. Pour (B), regardons l'hérédité : en supposant 4n+1=3k4^n+1=3k, on a 4n+1+1=4(4n+1)−3=3(4k−1)4^{n+1}+1=4(4^n+1)-3=3(4k-1), divisible par 33. L'hérédité fonctionne. Pourtant, testons l'initialisation : 40+1=24^0+1=2, qui n'est pas divisible par 33 (et 41+1=54^1+1=5 non plus). Le premier domino ne tombe jamais : (B) est fausse pour tout nn.

La leçon : une hérédité correcte ne prouve rien toute seule. Elle dit « si un domino tombe, le suivant tombe » — mais si aucun ne tombe au départ, la chaîne reste debout. L'initialisation est ce qui allume la chaîne ; elle est indispensable.

3. Ici l'hérédité repose sur une dérivation. Initialisation (n=1n=1) : f(x)=(1−x)−1f(x)=(1-x)^{-1} donne f′(x)=−1⋅(1−x)−2⋅(−1)=1(1−x)2=1!(1−x)2f'(x)=-1\cdot(1-x)^{-2}\cdot(-1)=\dfrac{1}{(1-x)^2}=\dfrac{1!}{(1-x)^2} (les deux signes moins, dont celui de la dérivée de 1−x1-x, se compensent). Vrai. Hérédité : on dérive l'hypothèse f(n)(x)=n! (1−x)−(n+1)f^{(n)}(x)=n!\,(1-x)^{-(n+1)}. En appliquant ((1−x)m)′=−m(1−x)m−1×(−1)=m(1−x)m−1\big((1-x)^m\big)'=-m(1-x)^{m-1}\times(-1)=m(1-x)^{m-1}, on obtient f(n+1)(x)=n! (n+1) (1−x)−(n+2)=(n+1)!(1−x)n+2f^{(n+1)}(x)=n!\,(n+1)\,(1-x)^{-(n+2)}=\dfrac{(n+1)!}{(1-x)^{n+2}}. C'est P(n+1)P(n+1).

Le réflexe à retenir

Selon la nature de la propriété, l'hérédité se fait par un geste adapté : multiplier par un facteur de signe connu (inégalité), faire apparaître le terme du rang précédent par un ajouter-retrancher (divisibilité), dériver (dérivées successives). Et retiens le contre-exemple (B) : hérédité sans initialisation ne démontre rien — il faut toujours vérifier le premier rang.

Exercice 3 — Étude complète d'une suite récurrente

On considère la suite (un)(u_n) définie par u0=1u_0=1 et, pour tout entier n⩾0n\geqslant 0, un+1=1+unu_{n+1}=\sqrt{1+u_n}. On veut la comprendre entièrement : ses valeurs, son encadrement, son sens de variation, sa limite. C'est le schéma-type de tout problème sur une suite définie par récurrence.
  1. Calculer u1u_1 et u2u_2 (valeur exacte puis valeur approchée à 10−210^{-2}).
  2. Démontrer par récurrence que pour tout entier n⩾0n\geqslant 0 : 0<un<20<u_n<2.
  3. Sens de variation et convergence.
    1. Démontrer que (un)(u_n) est croissante.
    2. En déduire que (un)(u_n) converge.
  4. Déterminer la limite ℓ\ell de la suite (un)(u_n).
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1. On applique simplement la relation. u1=1+u0=1+1=2≈1,41u_1=\sqrt{1+u_0}=\sqrt{1+1}=\sqrt2\approx1{,}41 ; puis u2=1+u1=1+2≈2,41≈1,55u_2=\sqrt{1+u_1}=\sqrt{1+\sqrt2}\approx\sqrt{2{,}41}\approx1{,}55. On observe déjà que la suite semble croître tout en restant **sous 22** — les deux questions suivantes vont le prouver.

2. Pourquoi encadrer d'abord ? Parce que la fonction  \sqrt{\ } n'est agréable que sur les positifs, et que la majoration servira ensuite à prouver la convergence. Initialisation : u0=1u_0=1 vérifie bien 0<1<20<1<2. Hérédité : supposons 0<un<20<u_n<2. On veut en déduire l'encadrement de un+1=1+unu_{n+1}=\sqrt{1+u_n} : on part de 0<un<20<u_n<2, on **ajoute 11** (1<1+un<31<1+u_n<3), puis on applique la racine carrée, qui est croissante donc conserve l'ordre : 1<1+un<3\sqrt1<\sqrt{1+u_n}<\sqrt3, soit 1<un+1<3<21<u_{n+1}<\sqrt3<2. En particulier 0<un+1<20<u_{n+1}<2 : P(n+1)P(n+1) est vraie.

3. a. Pour le sens de variation d'une suite récurrente, comparer un+1u_{n+1} et unu_n directement est délicat : on procède par récurrence sur la propriété Q(n):un+1⩾unQ(n):u_{n+1}\geqslant u_n. Initialisation : u1=2≈1,41⩾u0=1u_1=\sqrt2\approx1{,}41\geqslant u_0=1. Vrai. Hérédité : si un+1⩾unu_{n+1}\geqslant u_n, on ajoute 11 (1+un+1⩾1+un1+u_{n+1}\geqslant1+u_n) puis on applique la racine (croissante, donc l'ordre est conservé) : 1+un+1⩾1+un\sqrt{1+u_{n+1}}\geqslant\sqrt{1+u_n}, c'est-à-dire un+2⩾un+1u_{n+2}\geqslant u_{n+1}. La suite est donc croissante.

3. b. On rassemble les deux résultats précédents. (un)(u_n) est croissante (3.a) et **majorée par 22 (question 2). Or un théorème central du chapitre affirme qu'une suite croissante et majorée converge** (théorème de convergence monotone) : (un)(u_n) admet donc une limite finie ℓ\ell.

4. Comment trouver ℓ\ell ? En passant à la limite dans la relation de récurrence. Comme un→ℓu_n\to\ell et un+1→ℓu_{n+1}\to\ell, et que x↦1+xx\mapsto\sqrt{1+x} est continue, l'égalité un+1=1+unu_{n+1}=\sqrt{1+u_n} donne à la limite ℓ=1+ℓ\ell=\sqrt{1+\ell}. On élève au carré : ℓ2=1+ℓ\ell^2=1+\ell, soit ℓ2−ℓ−1=0\ell^2-\ell-1=0. Ce trinôme a pour racines 1±52\dfrac{1\pm\sqrt5}{2} ; comme (un)(u_n) est positive, on garde la racine positive : ℓ=1+52≈1,618\ell=\dfrac{1+\sqrt5}{2}\approx1{,}618 (le célèbre nombre d'or).

Le réflexe à retenir

L'étude d'une suite récurrente suit presque toujours le même plan : (1) calculer quelques termes pour conjecturer, (2) encadrer par récurrence (souvent pour majorer), (3) prouver la monotonie (par récurrence, en exploitant que la fonction associée est croissante donc conserve l'ordre), (4) conclure à la convergence par le théorème monotone, (5) trouver la limite en passant à la limite dans la relation un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n), ce qui donne l'équation ℓ=f(ℓ)\ell=f(\ell).

Exercice 4 — Suite auxiliaire géométrique

On considère (un)(u_n) définie par u0=12u_0=\dfrac12 et un+1=3un1+2unu_{n+1}=\dfrac{3u_n}{1+2u_n}. Cette suite n'est ni arithmétique ni géométrique : on ne sait pas l'exprimer directement. L'idée-clé du chapitre est alors d'introduire une suite auxiliaire (vn)(v_n), ici vn=un1−unv_n=\dfrac{u_n}{1-u_n}, choisie pour être géométrique — ce qu'on sait parfaitement manier.
  1. Calculer u1u_1 et u2u_2.
  2. Étude de la suite auxiliaire (vn)(v_n).
    1. Démontrer que (vn)(v_n) est géométrique ; préciser sa raison et son premier terme v0v_0.
    2. En déduire l'expression de vnv_n en fonction de nn.
  3. Retour à la suite (un)(u_n).
    1. Exprimer unu_n en fonction de nn.
    2. En déduire lim⁡n→+∞un\displaystyle\lim_{n\to+\infty} u_n.
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1. On applique la relation : u1=3×121+2×12=3/22=34u_1=\dfrac{3\times\frac12}{1+2\times\frac12}=\dfrac{3/2}{2}=\dfrac34, puis u2=3×341+2×34=9/45/2=910u_2=\dfrac{3\times\frac34}{1+2\times\frac34}=\dfrac{9/4}{5/2}=\dfrac{9}{10}. La suite semble croître vers 11 ; le calcul exact de unu_n va le confirmer.

2. a. Montrer que (vn)(v_n) est géométrique, c'est établir vn+1=q vnv_{n+1}=q\,v_n pour un qq constant. Le point délicat est 1−un+11-u_{n+1} : calculons-le d'abord, car il apparaît au dénominateur de vn+1v_{n+1}. 1−un+1=1−3un1+2un=(1+2un)−3un1+2un=1−un1+2un1-u_{n+1}=1-\dfrac{3u_n}{1+2u_n}=\dfrac{(1+2u_n)-3u_n}{1+2u_n}=\dfrac{1-u_n}{1+2u_n}. Formons alors le quotient : vn+1=un+11−un+1=3un1+2un1−un1+2un=3un1−un=3 vnv_{n+1}=\dfrac{u_{n+1}}{1-u_{n+1}}=\dfrac{\frac{3u_n}{1+2u_n}}{\frac{1-u_n}{1+2u_n}}=\dfrac{3u_n}{1-u_n}=3\,v_n. Le facteur 1+2un1+2u_n se simplifie : c'était le but. Donc (vn)(v_n) est géométrique de **raison 33**, de premier terme v0=u01−u0=1/21/2=1v_0=\dfrac{u_0}{1-u_0}=\dfrac{1/2}{1/2}=1.

2. b. Une suite géométrique de raison qq et de premier terme v0v_0 vérifie vn=v0 qnv_n=v_0\,q^n. Ici vn=1×3n=3nv_n=1\times3^n=3^n.

3. a. On « remonte » de vnv_n à unu_n en inversant la relation vn=un1−unv_n=\dfrac{u_n}{1-u_n}. On isole unu_n : vn(1−un)=un⇒vn=un(1+vn)⇒un=vn1+vnv_n(1-u_n)=u_n\Rightarrow v_n=u_n(1+v_n)\Rightarrow u_n=\dfrac{v_n}{1+v_n}. En remplaçant vn=3nv_n=3^n : un=3n3n+1u_n=\dfrac{3^n}{3^n+1}.

3. b. Pour la limite, on lève l'indétermination ∞∞\frac{\infty}{\infty} en factorisant par le terme dominant 3n3^n : un=3n3n+1=11+3−nu_n=\dfrac{3^n}{3^n+1}=\dfrac{1}{1+3^{-n}}. Comme 3−n→03^{-n}\to0 quand n→+∞n\to+\infty, on obtient lim⁡n→+∞un=11+0=1\displaystyle\lim_{n\to+\infty}u_n=\dfrac{1}{1+0}=1 — ce qui confirme l'observation de la question 1.

Le réflexe à retenir

Face à une suite « compliquée » (un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) homographique), la méthode gagnante est la suite auxiliaire : on te fournit un vnv_n à étudier, tu montres qu'il est géométrique (calcule séparément numérateur et dénominateur de vn+1v_{n+1} pour voir la simplification), tu en déduis vn=v0qnv_n=v_0q^n, puis tu **reviens à unu_n** en inversant la relation. La limite s'obtient en factorisant par le terme dominant.